La Cuisine de
MoniqueComme je vous l'avais promis, je vous récapitule et vous mets les liens des différents plats que nous avions réalisés chez Cricri. Cela dit, je tiens à remercier Cricri et son mari Sylvain qui nous ont ouvert leur maison pour que cet atelier ait lieu, qu'ils en soient mille fois remerciés. Quant à moi, j'ai passé une journée formidable avec des gens formidables. Mon seul regret est que les feuilles de vigne n'aient pas eu le temps de cuire à la perfection par manque de temps et par caprice de marmite "baignoire"!!! partie remise.
Nous avons préparé plein de choses mais pas tout ce que nous avions prévu...surtout que certaines ont été obligées de partir plus tôt...DOMMAGE. Je vous mets quand même toutes les recettes que j'avais prévues et nous allons dire...partie remise!
Les plats d'entrée, les plats du mezzé:
- Taboulé
- Koubé Nayé: tartare libanais
- Moutabal, caviar d'aubergines, baba ghannouge
Le plat principal:
- Feuilles de vigne à la viande
Et pour finir, les desserts:
- Mouhallabiya, flan à l'eau de fleurs d'oranger
- karabige et leur natef, crème nappante au bois de panama à la rose (il faut goûter pour savoir de quoi je parle). Je ne donne pas la recette car je ne l'ai pas
sur mon blog. Mais c'est exactement celle des maamoul aux pistaches ou aux dattes mais avec une farce aux noix. La difficulté est de trouver du bois de Panama pour réaliser la crème.
Aujourd'hui je prépare un plat de saison puisqu'il est à base de coings, koubé safarjaliyé. Je fais ce plat de "koubé", préparation à base de bourghoul fin et de viande haché, spécialité du Moyen Orient (surtout Syrie et Liban) et qui est déclinée de mille et une façons (j'exagère à peine!), car c'est un de mes plats de koubé préféré. Chaque région a ses spécialités, chaque famille a une interprétation personnelle, chaque saison permet de le faire avec les légumes ou les fruits de saison même si la base est toujours la même pour tous les Koubés: bourghoul fin et viande hachée. J'avais déjà publié cette recette mais un de mes lecteurs me la réclamant, je lui donne satisfaction. Bon dimanche à tous.
Ingrédients:
- 1/2 quantité de pâte à koubé
- 1/2 quantité de farce (voir koubé au four)
- 500 g d' épaule d'agneau désossée, en morceaux (ou 2 à 3 souris d'agneau)
- 3 coings
- 50 g de sucre (voire davantage, à doser selon le goût)
- 1 cuillerée à café de tomate concentrée
- 2 cuillères à soupe d'huile d'arachide
- 3 CS de mélasse de grenade
- 2 gousses d'ail
- 1 cuillère à soupe rase de poudre de menthe (voir "Taboulé")
- sel, 1 cuillerée à café de poivre 4 épices
Préparer la pâte et la farce du koubé comme indiqué dans la recette. Dans un faitout, faire revenir la viande dans l'huile
chaude de tous côtés, retirer la viande et jeter tout le gras rendu, essuyer avec une serviette en papier sans gratter les sucs. Ajouter 1 litre d'eau dans le faitout et gratter bien les sucs,
chauffer et remettre la viande, écumer très soigneusement et à plusieurs reprises. Quand le bouillon est devenu bien clair, ajouter la sauce tomate, le sel, le sucre, le poivre, l'ail dégermé et
écrasé, la menthe, la mélasse de grenade et laisser cuire à petit feu 2 heures. Pendant ce temps, couper les coings en quartiers, les nettoyer et recouper chaque quartier en deux, les laisser
"rougir" sans les peler, laisser en attente.
Préparer les boulettes de koubé et les faire cuire (comme indiqué dans la recette du "koubé au yoghourt" dans la même catégorie), les laisser en attente. Ajouter les morceaux de coing dans le faitout et poursuivre la cuisson 30 minutes (vérifier avec la pointe d'un couteau que les fruits sont cuits: il faut qu'ils soient souples mais non en "purée"), goûter et rectifier l'assaisonnement si nécessaire (surtout pour le sucre: le plat doit être sucré/acide/salé).
les boulettes de koubé dressées dans une soupière avant
d'ajouter le sauté
Mettre dans une soupière les boulettes et verser dessus le sauté aux coings bouillant, servir sans attendre. Ce plat se sert dans une
assiette creuse, il est à la fois plat et soupe.
*On utilise au Moyen Orient de la mélasse de grenade qui est à la fois sucrée et acide. On peut éventuellement la remplacer par du jus de citron et un peu plus de
sucre.
Ingrédients:
- 1 morceau de viande de boeuf en un seul muscle de 600 à 800 gr.
- 5 CS de gros sel
- 1 CS de fenugrec en poudre
- 1 CS de piment doux en poudre
- 1/2 cc de piment fort
- 2 gousses d'ail
- 2 CS de curcuma jaune
- 1 cc de curcuma rouge
- 1/2 cc de sel en poudre
Mettre la viande dans un grand plat à gratin et la frotter avec le gros sel, filmer le plat et entreposer au réfrigérateur 48 heures. Préparer les épices: mélanger
le fénugrec, les piments doux et fort, le sel en poudre, 1 CS de curcuma jaune, le curcuma rouge et les gousses d'ail dégermées et écrasées, verser de l'eau pour diluer, mélanger pour obtenir un
mélange assez épais et assez lisse (rajouter un peu d'eau au bout de 30 minutes, il faut avoir un mélange de la consistance d'une mayonnaise). Sortir la viande, la passer rapidement sous un filet
d'eau pour éliminer toute trace de sel et bien l'éponger (la viande va rendre beaucoup d'eau). Saupoudrer la viande uniformément
de la cuillère de curcuma jaune qui reste (utiliser un peu plus s'il le faut). Mettre au réfrigérateur directement sur une grille pour que la viande soit complètement aérée pour 48 heures en la
tournant plusieurs fois. Sortir la viande et la badigeonner avec le doigt d'un côté de sauce aux épices remettre au frais pour 24 heures, tourner la viande et la badigeonner de l'autre côté et
remettre 24 heures. Faire cette opération plusieurs jours. Laisser sécher au frais en retournant la viande toutes les 24 heures 10 à 15 jours. Il faut savoir que séchée au réfrigérateur, tout le réfrigérateur
sentira les épices et l'ail (moi je l'ai fait car j'ai plusieurs réfrigérateurs et j'ai condamné un pour le séchage). Traditionnellement on met à sécher la viande dans un endroit frais, sec et
aéré suspendu par un fil noué
que l'on glisse sur un bâton installé sur deux supports.
Même entamée, je remets la viande à sécher (dans ma véranda, porte entrouverte, 5° à l'extérieur!!!)
Le séchage est très important mais il faut absolument que le lieu soit aéré (vérande, sellier, garage...) et pas à la portée des bestioles!!! Il est clair aussi que
la viande séchée de cette façon, cette recette ne peut se faire qu'en période hivernale.
Une partie débitée en tranches fines mises sous vide pour Paris, Noël adore ça, Michel qui y a une réunion, va les lui prendre.
*J'ai promis cette recette à beaucoup de participants au SBC de Soissons. je la fais depuis longtemps mais elle est tellement spéciale que je ne pensais
même pas qu'elle pouvait vous intéresser. Je me demandais quoi prendre à Soissons et j'ai eu l'idée de faire quelque chose qui sort des sentiers battus. Sachant que ma cuisine libanaise vous
intéresse, j'ai opté pour la "bastourma", charcuterie très populaire chez les Chrétiens d'Orient, inspirée par la cuisine arménienne locale (il y a une communauté arménienne très importante en
Syrie et au Liban surtout à Alep au Nord de la Syrie, voir ce lien).
Ingrédients:
- 1 douzaine de toutes petites aubergines
- 1/2 piment rouge
- 1/2 cc de piment en poudre
- 1 CS de coriandre en poudre
- 3 gousses d'ail
- 12 cerneaux de noix
- sel, huile d'olives
Faire cuire les aubergines dans l'eau bouillante 30 minutes, les sortir avec une écumoire laisser tiédir et effectuer une entaille sur un côté en maintenant
l'aubergine entière, saler l'intérieur de l'aubergine. Mettre dans une passoire, mettre dessus une assiette et un poids (1 boîte de conserve) pour que les aubergines rendent toute leur eau,
laisser goutter une nuit. Mélanger le piment, le 1/2 piment épépiné et ciselé (travailler sous un filet d'eau du robinet et bien essuyer le piment pour enlever toute trace d'humidité), la
coriandre, l'ail dégermé et écrasé et les cerneaux de noix partagés en 2 ou 3 morceaux. Mettre dans l'entaille de chaque aubergine la farce aux noix et ranger dans un bocal assez grand pour les
contenir, couvrir d'huile d'olives et laisser mariner une semaine. Ces petites aubergines se mangent le matin au petit déjeuner! Il n'est pas interdit de les manger en dehors et même les servir comme plat supplémentaire du Mezzé.
Comme je l'ai dit dans mon article précédent, j'ai voulu ajouter quelques plats que je n'avais jamais servis dans mon menu dégustation pour mes convives qui étaient
déjà venus des jeudis soirs. Il est clair que les "Makdouss" n'ont pas été improvisés 2 jours avant, mais ils résultent de ma "virée indienne" dans Paris où j'ai trouvé des "bébés aubergines" qui allaient à merveille à
cette recette. Un pur délice!

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